La presse en parle…

Le Soir / MAD

La compagnie En chantier(s) a beau manier du gyproc, son spectacle a la noblesse des pierres de taille. En tournée partout en Belgique, Truelle destin sera bientôt au Motorium à Herstal.

On peut travailler à la truelle et livrer un ouvrage ciselé. La preuve avec Truelle destin (dès 8 ans) et ses deux ouvriers en bâtiment complètement cinglés (dans leur singlet).

Si François Berardino et Olivier Luppens manient avec brio la taloche de plâtrier et autres mortiers, c’est que la construction, ça les connaît. Fils d’enduiseur pour le premier, petit-fils de carreleur pour le deuxième, ils viennent tous deux d’une famille de bâtisseurs.
L’idée du spectacle est partie d’une réflexion de mon grand-père, se souvient Olivier Luppens. « Quand je lui parlais de mon métier, il ne comprenait pas. Il me disait : Tu as appris la plomberie, tu sais carreler, tu as de l’or dans les mains ! Pourquoi tu fais comédien ? »

De l’or dans les mains : ce sera le premier titre du spectacle, alors que le duo étrenne le spectacle en théâtre de rue après s’être rencontré sur un… échafaudage, ça ne s’invente pas ! « Quand j’avais moins de boulot comme comédien, je reprenais quelques chantiers. Un jour, j’ai fait venir François sur un chantier de peinture. Il est arrivé avec un tablier de peintre de Montmartre et un béret. Je lui ai dit : Mais François, on va peindre des murs ! Et il m’a répondu : Et alors, on n’a pas le droit d’être joli ? » Nourris de leurs histoires familiales et d’exercices d’impro, ils créent ce spectacle à la Laurel et Hardy – un grand costaud et un petit freluquet –, duo clownesque qui n’en aborde pas moins des thèmes sérieux comme l’immigration, l’amitié, la maladie ou l’homosexualité.

Tout commence avec Victor, homme robuste qui aime le travail bien fait. Sous le portrait de son grand-père, qui lui a tout appris, il gère un chantier aussi propre que sa blanche tenue d’artisan. Seulement voilà, un jour, sous une bâche, il découvre un immigré clandestin aux mains aussi noires que ses sombres habits de fortune. Prêt à tout pour obtenir un peu de travail auprès du charpenté Victor, il s’active sur les échafaudages et dans les sacs de plâtre mais foire tout ce qu’il touche. Un atelier de cimentage se transforme en happening artistique, les brouettes abritent des pauses casse-croûte acrobatiques, les outils érigent des blagues à deux balles (eau, seau… bucco), la découpe du gyproc part en vrille et les briques sont le théâtre d’un mini-vaudeville.

L’actualité des migrants

Enragé, Victor tentera de le mettre dehors à coups de pied, mais le bonhomme est tenace et les deux âmes solitaires vont finir par s’apprivoiser au fil de menus travaux rocambolesques.  » A la base, on a juste imaginé deux personnes qui n’étaient pas faites pour se rencontrer. Dans les impros, François faisait le mec qui vient d’ailleurs. Face à mon côté ours mal léché qui veut le dégager de son chantier, ça s’est greffé naturellement sur l’actualité, les migrants, etc., mais on ne voulait rien appuyer. Mon grand-père me racontait souvent des anecdotes de chantier avec des ouvriers marocains, portugais, italiens, mais sans aucune hostilité. On y sentait plutôt une richesse. Le spectacle offre différents niveaux de lecture. Les enfants par exemple voient d’abord le côté comique, mais quand on échange avec eux après le spectacle, on se rend compte qu’ils ont tout capté, résume Olivier Luppens entre deux coups de truelle, pas pour rire cette fois, mais parce qu’il retape sa maison. C’est pratique, je récupère du gyproc pour le spectacle ! » Catherine MAKEREEL

Le soir / MAD

Le Soir

Paradoxalement, c’est une compagnie qui travaille à la truelle qui a livré l’un des ouvrages les plus fins. Avec Truelle destin (dès 8 ans), la compagnie En Chantier(s) convoque deux ouvriers en bâtiment, deux âmes solitaires (qui) vont finir par s’apprivoiser au fil de menus travaux rocambolesques. Vous ne verrez plus jamais l’enduit de la même façon.
Issu du théâtre de rue, la compagnie a beau être En Chantier(s), elle nous a laissée enchantée. Catherine MAKEREEL

Le soir.be - 28/01/2017

La Libre Belgique

Nerveux, physique, sensible, orginal, voilà un spectacle dont l’originalité revigore.
De quoi suivre avec un plaisir non feint l’élaboration « en live » de ce mur en gyproc ou chaque élément de décor se transforme au fil du récit.  Une vraie sueur d’espoir, comme ils disent… Laurence BERTELS

La libre Belgique - 18/08/2017

Revue des parents de l’école

Emprunter quelques éléments dans un vrai chantier : un échafaudage, deux brouettes, trois planches, cinq cônes, une dizaine de briques, un peu de sable et d’eau.
Choisir un duo de comédiens issus de la rue, habités par la générosité, la simplicité et l’humour.
Assister à la rencontre entre Victor, entrepreneur indépendant baraqué et Ciccio, dandy artiste cherchant un travail. Tout les oppose, cela se voit et s’entend !
On ne s’ennuie pas une seconde, riant de bon cœur mais aussi ému jusqu’aux larmes. Huy 2017

Revue Les parents de l'école - 09/2017

Rue du théâtre

En prise directe sur le public très vite mis en connivence par Luppens et Berardino, habitués de la proximité du théâtre de rue, ce spectacle a l’avantage d’être jouable partout, même sans infrastructure particulière. Nos deux compères fournissent tout : échafaudage, brouettes, signalisation, briques, seaux, truelles et autres ustensiles… Il reste à s’asseoir, écouter, rire, même verser une larme, applaudir et réfléchir avec la même générosité que les comédiens à propos du rejet de l’autre. Rue du théâtre

19/08/2017