Des lumières colorées, des lampes de salon, des abat-jour de grand-mère, une platine, des disques vinyles, un porte-manteau, des sculptures faites de bric et de broc, et, au milieu, trois clowns. Un toréador en short, une minivamp en manteau de fourrure, un bibendum lunaire animent ce bric-à-brac, faisant voler les mouchoirs et les globes lumineux en papier, actionnant des machines folles, des souffleries, des projecteurs… Sans mots, chacun joue sa partition de l’instant avec finesse, d’une posture, d’une gestuelle, d’un tic sonore (bruits de bouche ou petits rires), d’un regard. De saynètes en microévénements, Juliette Prillard met en scène le jeu d’un quotidien enchanté par un rire délicat. A voir en famille dans un nouveau lieu à découvrir. Françoise Sabatier-Morel

Télérama - 25/01/2017

Un nouveau lieu culturel atypique vient d’ouvrir ses portes à Montreuil et hier, le spectacle de clowns « Blizzard Bazar » faisait sa première au Théâtre Thénardier.
Les spectateurs sont accueillis par une étrange forêt de machines objets réalisées par Basile Robert et quand cette flore mécanique se met en marche, elle joue un concerto quasi futuriste.
Dans une mise en scène de Juliette Prillard, Maiwenn Braud, Céline Laurentie et Olivier Luppens nous ont prouvé qu’il n’était pas nécessaire de parler pour faire naître les rires puisque Blizzard Bazar se base sur le comique de situation et tout passe par la gestuelle, les mimiques et les accessoires.
Ce spectacle original peu commun mêle une tradition venue d’un autre temps et des objets modernes pour un rendu final très avant-gardiste. Qui dit clowns, ne dit pas forcément enfantin car dans le cas présent, Blizzard Bazar plaira autant aux jeunes qu’aux moins jeunes. Il y a certes de l’humour mais aussi de la poésie et quelque chose de cartoonesque dans ce spectacle.
Les trois artistes ont chacun leurs atouts. C’est rare de voir deux femmes clowns et elles officient dans deux styles très différents et nous saluerons la prestation vocale d’Olivier Luppens sur Blue Moon !
Blizzard Bazar est vivifiant et décalé à souhait.

La Parisienne Life / Janvier 2017

Le Théâtre Thénardier vous donne en ce moment l’occasion de découvrir un tout nouveau lieu de création à Montreuil, d’assister dès votre arrivée à un concert surréaliste dans le hall et enfin de profiter d’une fantaisie follement originale interprétée par un trio de clowns doux dingues et électrisants. Un programme festif et un peu fou donc pour un tout nouveau théâtre simple et convivial, un lieu que toute la famille va adorer ! Difficile de définir clairement le Théâtre Thénardier et ce qu’il propose en ce moment tant l’expérience est originale. Montreuil semble en tous les cas la ville idéale pour accueillir en son sein de nouvelles tentatives de fabrique théâtrale, des théâtres maisons où l’on se sent entourés de curiosités réjouissantes, et surtout de bienveillance. À peine la porte du hall franchie l’espace résonne de drôles de sonorités mécaniques et étranges. Un concert de surprenantes machines objets vous accueille en fanfare, installant par avance l’atmosphère électrisante du trio clownesque de Blizzard bazar. Alors il ne s’agit techniquement pas d’un
spectacle de théâtre mais plutôt d’une rencontre explosive entre plusieurs univers foisonnants à savoir le clown, le théâtre d’objets et de marionnettes, mais aussi l’importance sur scène d’éléments comme la lumière et le son. La recherche esthétique est ici particulièrement riche transportant le public dans un univers visuel décalé, fait de bric et de broc, de machineries électriques en tous genres mais aussi chargé de poésie et de sensibilité. Le spectacle comporte de plus différents degrés de lecture notamment au niveau de l’humour permettant aux adultes et aux enfants d’y trouver chacun leur compte, tout ça sans le moindre mot. Un moment absolument délirant servi par trois clowns truculents, une fantaisie jubilatoire pour toute la famille !

Théâtres.com / Janvier 2017

BLIZZARD BAZAR
De beaux instants d’année…

Merci à Juliette Prillard, Maïwenn Braud, Céline Laurentie et Olivier Luppens pour Blizzard Bazar qui nous offre des instants en lesquels se creuse une poésie de l’existence fragile et fugace…qui en même temps ne doit rien au hasard.

L’on y plonge dans des assemblages de toutes sortes, à proximité d’objets qui se retrouvent animés et transformés – comme s’il s’agissait de poèmes de l’espace. Comme les sphères que ces trois curieux génies s’ingénient à faire flotter en l’air : tout est à l’image de cette légèreté, suspendue mais construite !  Comme ce moment où disparaît sous son manteau la petite cow-boy clown blanc, au début, quand elle pleure et que les mouchoirs que lui tendent ses deux acolytes finissent par s’envoler.

Belle transformation…

Des images tracent leur chemin pour longtemps : l’envol incroyable à la fin, la scène devient vaporeuse et les acteurs, cosmonautes sous cloches, emmènent leurs spectateurs ahuris vers cette légèreté et fragilité suspendue…

Il y a plein de moments comme celui-là où les images donnent à penser et disent ce que les acteurs sont en train de faire en même temps qu’elles disent qui ils sont : ils sont ce qu’ils sont en train de montrer. Comme ce personnage à damier énigmatique qui sort de sa valise et s’en va. Il est bon ici de savourer son abasourdissement : oui ces êtres humains ont passé des heures et des jours à préparer des instants comme ceux-là. L’art est notre honneur. Viva el arte !

Inutile d’ajouter que les enfants ici et mieux que quiconque savent délicatement se laisser prendre la main…

Laurent Cherlonneix

L’Enfant Philosophe / Novembre 2017

Blizzard bazar, sans paroles. Mise en scène et marionnette Juliette Prillard avec Maïwenn Braud, Céline Laurentine, Olivier Luppens.

Ah, pour souffler, ça souffle ! Les bulles s’envolent, les œufs explosent en plein vol, les ballons planent en apesanteur. Les joyeux complices les pourchassent de leurs improbables souffleuses, s’affrontent dans d’homériques combats, tous pistolets à billes brandis. Ils sont trois lascars, le désopilant matador qui a la chute facile, s’évanouit et ressuscite au baiser du clown blanc et facétieux qui s’électrise et pédale à tout va, la petite acrobate au visage de craie nippone, enfouie dans sa pelisse d’ours blanc. Ricanements, borborygmes suggestifs, sourires extatiques ou mutins scandent les péripéties affairées et déjantées des compères.

De poursuites dérisoires en règlements de comptes, on jour du trombone, du banjo sur un Blue Moon revisité. La malle est mystérieuse et les robots imprévisibles, les moustaches se font baladeuses, ça clignote, ça crachouille du côté des vinyles. La scène est drapée de rouge, zébrée de fils électriques, encombrée d’objets hétéroclites qui contribuent à cet univers hilarant et poétique, qui explose en un final astronautique nimbé de vapeurs. 2017 Odyssée de l’espace clownesque. Et on ne demande qu’à s’envoler, encore et encore. A.D. Théatre Thénardier Montreuil 93

Spectacles selection - Janvier 2017